18 janvier 2009
Marouchka MORGENSTERN
Dona Levy
expose
Marouchka Morgenstern
éléments-sediments
Tempera
du 22 Juillet au 12 Août 2008
ouvert de 11h à 13h et de 18h à 20h
du mardi au dimanche matin
et sur rendez-vous
Marouchka est fille de la colline, et je crois bien que nul peintre sur cette terre n’a conçu une œuvre aussi fusionnelle avec la nature qui l’environne. Et cette nature, forte des quatre éléments qui la composent, lui a transmis intensité et harmonie, qu’elle n’a cessé de lui restituer comme une offrande dans ses œuvres.
La terre de mica aux particules étincelantes, le feu d’un bois calciné, le bleu outremer des profondeurs marines de notre Méditerranée, cet autre bleu azur des ciels… Marouchka en joue, jusqu’à décliner les bleus de cette onde cobalt qui unit la Grèce à notre Provence, elle joue enfin avec l’air lorsqu’elle dompte les noirs de suie, les répandant en volutes de fumée sur la surface choisie.
Lorsqu’elle gravit la colline jusqu’au Fort, elle investit l’oppidum qui, tel un lieu sacré, lui délivre dans le souffle du vent un chant antique. C’est alors une sorte de parcours initiatique où chaque caillou, chaque pierre taillée la questionne, la transporte vingt-cinq siècles plus tôt dans la Grèce des mystères. L’oeuvre de Marouchka est une tentative de retrouver dans l’observation des sédiments déposés tout au long des siècles en couches successives comme mille empreintes, mille témoignages, la mémoire de ces cérémonies sacrées qui inspirent sa démarche. Ainsi ce bois gravé tel un ésotérique palimpseste sur lequel la terre vient s'incruster ou encore ces vagues de terres ocrées ondulant comme des dunes sur le papier. Qu'elle utilise la terre du Sinaï ou celle du Fort chargée de mica, elle fait surgir des silhouettes d’ombres et de lumière qui s’animent tels des pensées en goguette, fluides dansant entre les vieilles pierres.
Marouchka excelle à la tempera, technique ancienne usant de l’oeuf et des pigments naturels issus des sables et terres qu’elle trouve sous ses pas. Une peinture de matières qui permet transparences et glacis et rehausse les contrastes entre la matité des sédiments et le scintillement des grains de mica.
Une peinture où tous les éléments se conjuguent, une abstraction douce et profonde qui déclenche l’imaginaire et fait la part belle à la contemplation créative, à la méditation
D.L.
Marouchka Morgenstern est née à Draguignan. Elle expose depuis 1978, et un grand nombre d’œuvres ont été acquises par des collectionneurs privés et des musées, en France et à l’étranger
Et Amel dit :
C'est depuis ces ombres massives, dans l'épaisseur ou la caresse du noir que Marouchka Morgenstern nous fait entrer par effraction dans un monde silencieux, froissé comme un parchemin dont il resterait des signes rescapés du feu? Un monde qui crache de la lumière depuis une zone d'échancrure ou d'un point incandescent. La lumière est feu sous la rectitude d'un tracé qui ne se destine nulle part en particulier. Une poignée de pigments s'étire, jaillit une verticalité. Ce qui était engourdi se réveille ou réveille un espace brut, sauvage, noble. Marouchka Morgenstern peint la vérité des matières, serre picturalement cette vérité des pigments, du bois igné, de la cendre...
Œuvre de recul, Marouchka la prométhéenne dérobe le premier feu. La porte cerne la temporalité même du geste coulé dans la dense colorature d'un champ de mémoire, quand elle s'ouvre sur le schème de I'Alpha, chiffre premier" dira Antonia Soulez.
Elle travaille à même la vigueur ou la fragilité de ces matières à la recherche d'une généalogie, d'une histoire qui se serait écrite en demi-reliefs, entre les reliefs, en demi-teintes et entre les teintes. "
DIS VOIR
Dis voir, au soir, l'encens c'est l'orient
d'or en poussière scintillant sous le bois.
je te vois en forêt chercher de quoi effeuiller
la matière, l'habiller d'ornements sur le divan.
C’est cela qu’à mi-voix, tu racontes
penchée dans les sous-bois, à genoux
sourcière de don divin. A tes ancêtres
tu dis peut-être : ce bois de vie a recueilli
les traces dont la chair exhalée boit l'ombre
de mes taillis, je fouille et ravis les pigments
de la terre, soyeux et mirifiques
dans la cendre réminiscente.
Antonia Soulez
10 mai 2007
Marouchka MORGENSTERN

Naissance d’un fil de vie dans ce désert où scintillent les grains de quartz
Veine bleue qui circule d’un tableau l’autre…
Apparitions à la trace du pinceau…
Ligne fluide, incandescente, coulée de lave lumineuse émergeant du magma…
Ecritures surgies du néant, ou de fusions encore informes, puisqu’ au début était le Verbe…
Palette sobre des dunes, d’où jaillissent parfois quelques rouges de braises, quelques particules de mica, sable des Maures, étincelles parsemant la toile…
Lorsque Marouchka joue avec le feu, c’est pour le maîtriser, mais dans tous ses états : Elle le fait naître d’une simple touche couleur de flamme, mais aussi nous le soumet sous formes d’enfumages, de cendres, et particulièrement dans cet état intermédiaire qu’est le carbone avec ce qu’il véhicule comme richesse d’invention et de mémoire sur notre Histoire
Entre poésie et peinture, Marouchka, déroule le fil du Temps.
Et ce fil entre ses doigts se mue en vaisseaux qui cheminent le long des tableaux,
nous conduisant sûrement à l’élément vital qu’il soit feu ou bien eau, air ou bien terre.
Et forcément Marouchka par la vigueur de ses recherches et la vérité des matières qu’elle utilise, toujours matériaux naturels, terres, bois, cendre… nous mènera cette fois au-delà de la mythologie dont elle s’est tant inspirée, vers le mystère des Origines.
La peinture de Marouchka Morgenstern est littéraire, philosophique, profonde, elle sait être aussi rieuse, joyeuse, légère…
Cette exposition nous offre quelques lames de son éventail D.L..
Marouchka Morgenstern est née à Draguignan. Elle expose depuis 1978, et un grand nombre d’œuvres ont été acquises par des collectionneurs privés et des musées, en France et à l’étranger
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Amel Zmerli dit :
C'est depuis ces ombres massives, dans l'épaisseur ou la caresse du noir que Marouchka Morgenstern nous fait entrer par effraction dans un monde silencieux, froissé comme un parchemin dont il resterait des signes rescapés du feu? Un monde qui crache de la lumière depuis une zone d'échancrure ou d'un point incandescent. La lumière est feu sous la rectitude d'un tracé qui ne se destine nulle part en particulier. Une poignée de pigments s'étire, jaillit une verticalité. Ce qui était engourdi se réveille ou réveille un espace brut, sauvage, noble. Marouchka Morgenstern peint la vérité des matières, serre picturalement cette vérité des pigments, du bois igné, de la cendre... Elle travaille à même la vigueur ou la fragilité de ces matières à la recherche d'une généalogie, d'une histoire qui se serait écrite en demi-reliefs, entre les reliefs, en demi-teintes et entre les teintes. "Œuvre de recul, Marouchka la prométhéenne dérobe le premier feu. La porte cerne la temporalité même du geste coulé dans la dense colorature d'un champ de mémoire, quand elle s'ouvre sur le schème de I'Alpha, chiffre premier" dira Antonia Soulez.


















